NICE offre un espoir à des milliers de personnes qui, jusqu'à présent, risquaient de vivre dans le handicap et la douleur
21 janvier 2021

L’Institut national pour l’excellence en matière de santé et de soins (NICE) a publié aujourd’hui le document d’évaluation final (FAD) sur un nouvel inhibiteur de JAK*, le filgotinib (Jyseleca), utilisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR).
La NRAS se félicite chaleureusement de la confirmation par la FAD que ce médicament sera accessible non seulement aux personnes les plus gravement atteintes par cette terrible maladie, mais aussi à celles souffrant d'une maladie active non contrôlée, auparavant qualifiée d'activité « modérée » de la maladie.
Depuis plusieurs années, la NRAS milite aux côtés de la Société britannique de rhumatologie (BSR) pour que les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde modérée, dont l'état est souvent aussi préoccupant que celui des personnes atteintes de formes sévères, aient accès à des traitements de pointe comme celui-ci. Nombre d'entre elles souffrent des mêmes symptômes douloureux et invalidants que les personnes atteintes de formes sévères, mais ne répondent pas aux critères d'éligibilité actuels du NICE (score DAS > 5,1). Nous nous réjouissons donc que le NICE ait étendu l'utilisation de ce nouveau traitement de fond antirhumatismal synthétique ciblé aux personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde modérée, avec un score d'activité de la maladie compris entre 3,2 et 5,1
Cette recommandation de l'Institut national pour l'excellence en matière de soins (NICE) paraît la même semaine qu'un article publié par la Société nationale de polyarthrite rhumatoïde (NRAS) (P. Kiely et al. – Rheumatology Advances in Practice – 1/5/21) intitulé « Impact de la polyarthrite rhumatoïde chez les patients non traités par thérapies avancées : résultats d'une enquête de la NRAS ». Notre article décrit les résultats d'une enquête menée auprès de plus de 600 personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde ne recevant actuellement aucun traitement de pointe. Il démontre clairement que nombre d'entre elles rencontrent d'importantes difficultés au quotidien, et ce, selon de nombreux critères. L'enquête comprenait le questionnaire RAID (RA Impact of Disease). Seuls 12,4 % des répondants se trouvaient dans un état acceptable pour le patient, défini par un score RAID total inférieur à 2. L'impact important de la polyarthrite rhumatoïde dite « modérément active » sur la vie quotidienne est encore souligné par le fait que, dans les sept domaines étudiés, plus de 50 % des répondants ont obtenu des scores élevés, indiquant une gêne considérable au cours de la semaine précédente. Ceci est corroboré par les données de l'enquête sur l'impact sur le travail : 70 % des répondants ont déclaré avoir modifié leurs horaires de travail en raison de leur polyarthrite rhumatoïde. Les difficultés rencontrées dans les activités physiques quotidiennes et la détérioration du bien-être physique et émotionnel étaient significativement associées à une douleur plus intense, à un plus grand nombre de poussées et à une capacité d'adaptation réduite. Les poussées de polyarthrite rhumatoïde étaient extrêmement fréquentes : 90 % des patients en avaient subi au moins une et près d'un quart en avaient rapporté six ou plus au cours de l'année écoulée. Ainsi, pour l'ensemble des mesures de résultats rapportées par les patients, de nombreux patients atteints de polyarthrite rhumatoïde qui ne suivent pas actuellement de traitements de pointe subissent un lourd fardeau lié aux conséquences néfastes de leur maladie.
La NRAS a toujours plaidé pour que l'accès au traitement le plus approprié au moment opportun, afin d'optimiser le contrôle de l'activité de la polyarthrite rhumatoïde (PR), réduise considérablement l'impact et le fardeau de la maladie sur la vie des personnes atteintes. Ce changement permettra également à un plus grand nombre de personnes atteintes de PR de continuer à travailler et à mener une vie pleine et productive. Un traitement plus précoce chez les personnes dont la maladie n'est pas contrôlée sera bénéfique non seulement pour elles, mais aussi pour leurs familles, l'économie et le système de santé, ce qui pourrait entraîner une diminution des interventions chirurgicales et médicales et, à terme, une réduction du handicap. La plupart des pays européens n'appliquent pas les critères d'éligibilité très stricts imposés par le NICE au Royaume-Uni ces vingt dernières années, ce qui, par comparaison, a désavantagé les personnes atteintes de PR au Royaume-Uni. Cette excellente nouvelle concernant le filgotinib (Jyseleca) nous rapproche d'une harmonisation avec la plupart des autres pays européens.